|
Le groupe H-Kayne, composé de cinq rappeurs meknassis, est l’un des pionniers du rap marocain. Le chanteur Othman explique comment le groupe s’est imposé pour donner une légitimité au rap au Maroc.
- L’Economiste: Est-ce que ça a été dur de s’imposer en tant que rappeurs au Maroc ?
- Othman: Oui, car au départ les Marocains avaient une image négative du rap, qu’ils associaient aux gangsters américains. Or, nous nous situons aux antipodes de cela. Nous avons dû prouver que nous n’étions pas des «petits voyous». Ça a été dur de se faire accepter par la communauté. En plus, nous manquions de moyens. Mais le Maroc est un pays qui se prête bien au rap. D’ailleurs, il y a maintenant un engouement de la jeunesse.
- Quel est le message principal que vous voulez faire passer?
- Nous voulons dire aux jeunes de ne pas baisser les bras. On a des droits, il faut aller les chercher. Le Maroc a des vrais problèmes, comme la corruption, la différence de classes sociales, l’émigration clandestine. Ces thèmes, nous les abordons à travers notre musique.
- Malgré votre succès, restez-vous en contact avec le monde de la rue?
- Oui, on n’a pas changé depuis nos débuts. Nous nous retrouvons tous les jours dans le même quartier et nous observons la nouvelle génération de Meknès. Dans nos chansons, nous abordons les problèmes de fond, pour soutenir ces jeunes. D’ailleurs beaucoup d’entre eux se reconnaissent dans ce que l’on fait. Nous espérons être une étincelle pour provoquer quelque chose en eux.
Propos recueillis par M. N. R. L'économiste
|