Plus que quelques jours pour répondre à l'appel d'offres. Détails.
En un an, 3.483 femmes ont été battues et 74% d'entre elles ont été victimes de violence conjugale, selon le deuxième rapport sur la violence basée sur le genre, réalisé en 2006 par le réseau Anaruz.
Et c'est justement dans ce contexte qu'aujourd'hui, la médiation fait partie des modes alternatifs de résolution de conflits au sein de la famille. Celle-ci consiste à accompagner le couple dans leur réflexion pour leur permettre de trouver eux-mêmes une solution loin de toute pression. La médiation implique l'intervention d'une personne neutre, impartial et indépendante : le médiateur.
Afin de réduire les risques et les coûts des conflits, l'organisation internationale non gouvernementale (ONG) «Search for Commun Ground au Maroc» (SFCG), renforce ces dernières années dans le Royaume, la capacité des individus à résoudre leurs différends à l'amiable tout en développant une culture de dialogue par le rapprochement des acteurs de la société civile, des autorités publiques et des médias.
Cet effort a abouti en juillet dernier à l'adoption de la loi 08-05 sur la médiation. Son article 327-55 stipule qu'«afin de prévenir ou de régler un différend, les parties peuvent convenir de la désignation d'un médiateur chargé de faciliter la conclusion d'une transaction mettant fin aux différends».
C'est dans ce cadre, que SFCG lance en partenariat avec l'Association marocaine de lutte contre la violence des femmes (AMVF), et avec le soutien de l'ambassade des Pays-Bas à Rabat un projet de médiation familiale.
«Avec le changement du statut de la famille, beaucoup de femmes rejettent la violence conjugale physique ou morale. Lorsque la procédure de divorce est enclenchée, nous avons constaté que les couples en difficulté optent pour le consensus mutuel pour éviter le diktat du juge», explique Saâdia Wadah, coordinatrice de ce programme à l'AMVF. Pour bien s'assurer de l'avenir des conjoints et des enfants, les avocats sont invités à s'associer à ce nouveau programme.
Pour faire vite, ce projet qui vise à renforcer les capacités des centres d'écoute a lancé un appel d'offres* pour recruter des profils intéressés par le sujet. La date limite de dépôt de candidature est fixée pour le mercredi 17 octobre. La sélection se fera grâce un comité constitué par des représentant des deux associations.
Ce projet débute en ce mois d'octobre avec une formation pilote en techniques de médiation qui permettra de développer un module de formation standard pour les prochains cycles de stage. Suivront deux ateliers de formation de trois jours organisés durant les mois de novembre et décembre prochains à Marrakech et Casablanca au profit de 40 participants.
Ces stages auront comme objectif de former les participants aux techniques de base en gestion de conflits et de médiation. Suite à ces deux ateliers, des formations complémentaires seront présentées aux participants lors d'un deuxième cycle de formation de trois jours l'année prochaine à Marrakech et Casablanca, afin de perfectionner les techniques. Après ces deux cycles de formation, dix participants (sélectionnés parmi les deux groupes) bénéficieront d'un cycle de formation de formateurs. Et enfin, une conférence nationale de sensibilisation sur ce thème sera organisée en mars prochain dans
la capitale économique avec la présentation d'un guide méthodologique.
•Les candidatures doivent être adressées à : ecoute@menara.ma
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La violence en chiffres
Selon le deuxième rapport sur la violence basée sur le genre, réalisé par le réseau Anaruz, 3.483 femmes ont été battues entre septembre 2005 et octobre 2006 et 74% d'entre elles ont été victimes de violence conjugale.
Ce rapport est le résultat de l'analyse des plaintes enregistrées par les centres d'écoute des femmes victimes de violence. Ainsi les formes de violences se répartissent entre la violence institutionnelle (8,8 %), la violence en dehors du mariage (8,6 %), la violence sociétale (4,4 %) et la violence familiale (4,2 %). Quant à la violence conjugale qui intègre à elle seule divers types de violences, la violence juridique est en tête avec 43,6%. La privation des dépenses familiales représente 58,4 % suivie de la violence corporelle (30,4%).
Et à l'intérieur de celle-ci, les coups correspondent à 80,1% et l'agression sexuelle représente 36,6%. La violence psychologique est également très importante. Sur les 3.483 femmes, 832 sont constamment insultées (47%). Quant au profil des victimes, 62,21% sont âgées entre 25 et 44 ans, 38,5% sont analphabètes, 71% sont sans profession, et seules 7% des femmes ont porté plainte.
Rachid Tarik | LE MATIN