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National : Reportage: Jamais sans mon «hawli»!

Posté par admin le 18/12/2007 1:31:13 (184 lectures) Articles du même auteur

Entre les souks, les grandes surfaces ou l'achat par Internet, les consommateurs ont l'embarras du choix
«Mabrouk alik hawlik!», entonnent un groupe de fermiers. Ils viennent de vendre un autre mouton, le cinquième de la journée après d'âpres négociations. Finalement, Saïd, la cinquantaine, un employé dans une société privée, a acheté un mouton de race «sardie» à 3.000 DH. C'est une foule impressionnante de gamins et autres curieux qui s'est formée autour de Saïd et le vendeur.

«Chaque année, dans ce souk à l'ancienne médina, des fermiers originaires de la région casablancaise proposent de bons moutons. Cela dit, les prix ont considérablement augmenté cette année. Pour avoir un bon mouton, dont le prix n'est pas élevé, il faut faire preuve d'une grande habileté dans le marchandage. Les vendeurs ont tous une grande expérience dans la vente des ovins, cela rend la négociation du prix un peu difficile», déclare Saïd. «Derb Lenglis» ou “rue des Anglais'', au cœur de l'ancienne médina de Casablanca, se transforme en un grand souk pendant des semaines qui précèdent l'Aïd. Déjà à l'entrée du quartier, les troupeaux sont regroupés partout, entourés par de petits écoliers qui s'amusent en touchant les cornes des moutons. Certains vendeurs viennent de très loin. C'est le cas de Boujemaâ. Lui est originaire de Abda dans la province de Safi.

«Cette année, j'ai décidé de venir avec mes associés pour vendre nos moutons dans ce souk. En effet, des gens viennent dans ce lieu qui connaît une grande affluence tous les ans. Vous savez, les Marocains aiment beaucoup l'ambiance des souks. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils préfèrent acheter les moutons dans des endroits comme celui là. Ils ont la possibilité de négocier le prix du mouton choisi», explique Boujemaâ. Souvent, les gens font le déplacement dans les différents souks de la ville. «Je suis venu en compagnie de mes deux enfants, histoire d'avoir une idée sur les prix. Je crois que les tarifs ont beaucoup augmenté par rapport à l'année dernière. D'une manière générale, on peut trouver de bons moutons», témoigne Samir, un jeune cadre bancaire.

Si les souks, comme «Derb Lenglis», connaissent un grand succès auprès de la population casablancaise, les fermes aux alentours des grandes villes marocaines attirent également un grand nombre d'acheteurs. Les Casablancais se dirigent vers Benslimane, Médiouna, Had Swalem. La plupart des gens préfèrent négocier les prix avec les vendeurs sans passer par un intermédiaire. Certaines fermes emploient des vétérinaires dont la présence offre un gage de confiance aux clients. Au Maroc, le kyste hydatique est une hantise. «Il constitue la principale cause d'occupation des lits dans les hôpitaux nationaux», informe Dr Kherrati Bouazza, président de l'Association marocaine de la protection et de l'orientation des consommateurs.

C'est une maladie dont la guérison nécessite une intervention chirurgicale. Par conséquent, son impact sur le patient est très grave. C'est pourquoi la prévention reste le meilleur moyen de lutte adopté dans plusieurs pays.
«Chaque année, je me déplace chez un éleveur qui est propriétaire d'une ferme à Benslimane. Il propose les bonnes races de moutons au Maroc avec un bon rapport qualité-prix. D'ailleurs, cela fait plus d'une semaine que j'ai acheté un mouton à 2.000 DH», informe Hadj Driss. Le prix du kilogramme a été fixé cette année par les éleveurs à 45 DH pour la race «sardie» et à 41 DH pour les autres races. Le choix de la race est très important puisque la qualité de la viande change selon les régions où sont élevés les moutons.


La viande des ovins est considérée, selon les médecins et les diététiciens, comme un aliment très riche en lipides.
De récentes études ont montré que certains acides gras de cette viande pouvaient avoir un effet très favorable sur la santé humaine. De plus, généralement, la viande des ruminants est une source importante de protéines riches en acides aminés indispensables et une source de fer nettement plus assimilable que le fer des végétaux. Les ovins constituent une source importante de nutriments pour l'alimentation humaine et leurs qualités sensorielles sont très bien appréciées par le consommateur marocain. L'importance et la nature de ces particularités dépendent toutefois de l'alimentation des moutons. En effet, ceux élevés dans les prés et plus particulièrement en piémont de l'Atlas et sur les plaines de l'Oriental et d'Ouerdigha (Oued-Zem) sont très appréciés pour leur viande.

Dans les fermes, le client n'a pas la possibilité de négocier le prix qui est fixé au préalable par les éleveurs. Cependant, certains vendeurs mettent en garde le consommateur contre des petites astuces utilisées par les fermiers pour augmenter le poids d'un mouton. Les clients peuvent être victimes d'arnaque en payant des kilogrammes supplémentaires. Ces dernières années, les grandes surfaces ont également investi ce créneau monopolisé depuis longtemps par les fermiers. «Les habitudes de consommation chez les Marocains ont changé. Des gens n'ont pas le temps pour faire le tour des marchés ou des fermes. Souvent, ils font leurs achats dans un supermarché.

C'est ainsi qu'ils en profitent pour acquérir le «hawli». Les enseignes marocaines de la grande distribution, pour leur part, saisissent bien l'occasion pour faire des gains», affirme un responsable dans un hypermarché dans la métropole. Certains investisseurs sont allés encore plus loin pour rendre l'acte d'achat d'un ‘'hawli'' plus facile et plus rapide. Cela fait plus de deux années que Nabil Alami, propriétaire d'une ferme dans la province d'Al Jadida, a eu l'idée de créer sur le Web ‘'un souk virtuel''. Ce dernier, en recevant, à plusieurs reprises, des commandes des ses amis et proches, a eu cette idée qui est très audacieuse et révolutionnaire.

Audacieuse parce qu'elle se base essentiellement sur l'anonymat, alors que l'acte d'achat a été depuis longtemps au Maroc une démarche conviviale. Et révolutionnaire parce qu'elle intègre une nouvelle technologie de communication. Acheter son mouton à partir de son bureau est devenu chose possible en deux clics seulement. «Tous les moutons ont été vendus il y a quelques jours. La démarche est très facile. A deux semaines de la fête, nous mettons en ligne les photos des moutons ainsi que des données sur le poids et la race. Les visiteurs peuvent alors choisir une bête et nous contacter pour une réservation. Le mouton est livré au bout de deux ou trois jours», explique le père de Nabil Alami qui gère la ferme en l'absence de son fils. Ainsi, les Marocains ont de plus en plus de choix pour acheter des moutons. Souks, grandes surfaces et dernièrement le Web permettent aux acheteurs de comparer les prix et surtout avoir plus de chance d'acheter de bons moutons pour l'Aïd.
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Un Aïd sans kystes
«Chaque année, les ONG de défense des consommateurs et les vétérinaires se mobilisent pour mener une campagne de sensibilisation de grande envergure contre les dangers inhérents à l'achat, à la préparation, au stockage et à la consommation de l'offrande de l'Aïd El Adha», informe Dr Kherrati Bouazza, président de l'Association marocaine de la protection et de l'orientation des consommateurs.

En effet, cette campagne, initiée par l'AMPOC en 2002, et soutenue depuis par les médecins vétérinaires volontaires, a posé les jalons d'une recherche de l'information et du conseil chez les consommateurs. Malheureusement, l'impact escompté auprès des instances responsables de la santé du citoyen pour la mise en place d'une stratégie de lutte n'a pas eu lieu. Toutefois, l'objectif initial de cette entreprise est d'en faire une campagne nationale de «Fête sans kystes». Car hormis les problèmes environnementaux générés par cet heureux événement, les conséquences les plus graves sont d'ordre sanitaire. La gravité de cette maladie sur le territoire national a été démontrée par le dépistage effectué par les vétérinaires de l'IAV Hassan dans la région du Moyen Atlas. De nombreux enfants ont été atteints, ce qui rend la maladie endémique.

Par Mohamed BADRANE | LE MATIN

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